Château de Pontivy
28 janvier 2026
Le Château de Pontivy raconte près de 500 ans d’histoire. Des luttes territoriales avec le duché de Bretagne aux guerres de religion, de la grandeur d’une résidence de plaisance au XVIIIe à un château en ruines qui renait de ses cendres en 1970… l’histoire du Château de Pontivy est riche en rebondissements !




©Office tourisme Pontivy Communauté
Cartes postales : Don de Bernard Delhaye à la Ville de Pontivy


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Est-ce qu’il y a toujours eu un château à Pontivy ? On ne peut répondre avec certitude à cette interrogation mais certains indices amènent à se questionner comme notamment l’existence d’une rue de la motte, non loin de l’actuel château qui pourrait laisser à croire qu’une motte castrale a bien existé à Pontivy.
La première trace d’un château sur la commune date du XIIe siècle. Vers 1150, un premier château, dit des Salles, est construit le long du Blavet, en contrebas du château actuel. Le château des Salles est détruit par les Anglais lors de la guerre de succession du duché de Bretagne (1341-1364). L’incertitude demeure quand à sa reconstruction. En 1456, le site est donné aux Cordeliers qui y édifieront leur monastère.
Le château actuel est construit du milieu du XVe siècle au début du XVIe siècle par la volonté de Jean II, vicomte de Rohan de 1462 à 1516. Les terres des Rohan s’étendent sur une large partie du centre de la Bretagne et Pontivy devient capitale de la vicomté de Rohan en 1396. Il fallait donc au « Grand Vicomte » un château digne de son rang, à la fois résidence, symbole de pouvoir et forteresse militaire, au cœur du territoire.
Le château de Pontivy fait partie des derniers châteaux forts construits en Bretagne. Il est caractéristique de l’architecture militaire bretonne de la fin du XVe siècle.
Avec ses murs épais, ses larges fossés et ses tours massives en forte saillie sur les courtines, le château de Pontivy est le témoin d’une architecture militaire qui, à la fin du XVe siècle, tente de s’adapter au développement de l’artillerie à feu. La présence de « mâchicoulis bretons » ou l’utilisation de schiste et de granit pour la construction sont caractéristiques des châteaux forts de la péninsule. À la fonction défensive s’adjoint une attention soutenue pour le confort et la décoration : lucarnes sculptées, descentes d’eau ouvragées, cheminées et latrines sont encore là pour en témoigner. Le château est probablement habitable dès 1485.


Le château est construit sur un plan en quadrilatère irrégulier cantonné de tours rondes aux angles. Aujourd’hui, du château originel subsistent deux corps de logis (nord et ouest) et deux tours (nord-ouest et sud-ouest) ainsi que la chapelle. Les vestiges de la 3e tour sont également visibles.
Pendant des décennies, les historiens se sont interrogés sur l’existence ou non d’une quatrième tour et d’un corps de logis Est. En effet, une peinture murale datée de 1500 et conservée dans l’église de Stival fait apparaitre le château avec 4 tours et 3 corps de logis. On pouvait donc penser qu’il en était ainsi dans la réalité, sauf à imaginer que l’artiste ait représenté une vision idéale et non réelle du château.
Cette incertitude a pris fin en 2018 grâce aux fouilles menées par la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles). Les archéologues du SRA ont mis à jour les murs du logis est et de la quatrième tour. Ces fouilles ont également permis de mieux connaître la vie du vicomte et sa cour grâce au mobilier retrouvé (verre, pots), et de daté l’effondrement du logis vicomtal.
C’est vraisemblablement en 1589 que la tour sud est et le corps de logis est sont détruits. Acquis aux idées de la Réforme, le vicomte Henri I de Rohan avait fondé en 1560 l’église protestante de Pontivy.
En pleine guerre de la Ligue, le Château du vicomte de Rohan est le théâtre des affrontements entre catholiques et protestants. Le château est occupé de 1589 à 1598 par les troupes catholiques du duc de Mercoeur.


En 1603, la vicomté de Rohan devient duché-prairie. Le château des Ducs de Rohan va évoluer au cours des XVIIe et XVIIIe et XIXe siècle vers une résidence de plaisance, avec plus de confort. Sur les ruines du logis est sera d’abord aménagée une terrasse d’artillerie pour l’entrainement des mousquetaires – militaires qui tirent avec un mousquet.
Les balles laisseront peu à peu place aux graines et aux plantes et la terrasse deviendra jardin d’agrément pour le duc et sa famille. Les galeries aussi subissent de nombreux changements pour faire entrer la lumière.
Au XVIIIe siècle, les baies de la galerie nord sont agrandies et munies de garde-corps en fer forgé. C’est également à cette époque qu’est ajouté l’escalier d’honneur, un escalier à double volée et rampe en fer forgé, caractéristique du style Louis XV.
La façade change également. Le chemin de ronde est tronçonné pour créer des ouvertures à l’ouest. Les deux ponts-levis sont remplacés par un pont dormant.

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